Journal de Marche N°88 – du 20 au 26 avril 2019

Journal de Marche N°88 – du 20 au 26 avril 2019

Le cas que nous avons réglé ce mois-ci est un bel exemple de ce qui a poussé des concitoyens dans la rue mi-novembre au travers d’un mouvement vite récupéré par les deux extrémités de l’échiquier politique, non contentes de faire échouer leurs programmes sur les terrains où elles ont été élues et dans les urnes lors de scrutins généraux.

En l’espèce, une jeune maman qui se retrouve à élever seule son adorable fille souffrant d’un handicap rare et encore trop prématuré afin d’être solidement confirmé par les diagnostiqueurs. Une attente doublée de celle de l’ordonnance de non conciliation avec son conjoint, repoussée aux calendes grecques par une justice engluée dans des décennies de manques de moyens. Mais les «administrations» vont commencer leur travail sans attendre, elles. Résultat, dans une situation exsangue au possible, la jeune femme décide de faire des heures de ménages qu’elle ne déclare pas afin de boucler une vie rendue encore plus compliquée par les troubles dont souffre sa fille. Évidemment, l’administration se rend compte de l’absence de déclaration et met en route une procédure visant à corriger et redresser le délit.
La presse et l’opinion se saisissent de l’affaire, attisée par une situation humaine que tout le monde comprend, surtout à une heure ou l’Assemblée nationale se bat afin de percevoir quelques taxes des GAFAM1, ces géants du net qui profitent des casseurs du samedi pour exploser leur chiffre d’affaire, et d’un gouvernement qui enfin, par l’intermédiaire de son ministre du budget Gérald Darmanin, se lance vraiment dans la traque des gros fraudeurs.

Pourquoi cet exemple illustre t-il, selon moi, la situation?

Nous voici exactement au centre de deux ensembles qui ont manifesté les mois derniers mais que l’on n’a pas encore voulu observer en fait comme liés. D’un côté, nous avons une famille monoparentale qui correspond à ce nouveau modèle désormais généralisé. De l’autre, les retraités. La raison pour laquelle je les convoque ici à ce stade de mon raisonnement alors qu’ils sont absents de mon récit est justement lié à cette absence.

Pourquoi est-ce que les parents de cette jeune femme ne l’aident pas? Parce qu’ils ne le peuvent pas. Parce que leurs perspectives non plus ne sont pas à un horizon qui se dégage, mais qui s’assombrit. Ces retraités qui ont, eux aussi, manifesté ces derniers mois, l’ont fait pour eux, pour la difficulté de la vie qu’ils ont eu jusqu’à présent comme des faibles perspectives.

Nous ne parlons pas ici de ceux qui ont fini par accepter la hausse de CSG2 (trop élevée, certes) de début de mandat car ils ont pu constater que le revenu de leurs enfants s’améliorait grâce à la baisse des charges rendue possible par leur sacrifice. Nous parlons de ceux qui ont toujours vécu dans la galère, qui se disent que non seulement ils ne vont pas en sortir mais qu’ils vont y laisser leurs enfants et petits enfants.

C’est donc par ce biais que ces deux grands ensembles sont en fait unis et qu’il convient de ne pas humilier en les assimilant à ceux qui, vivant dans des familles bien plus aisées ou elles mêmes bien en place, vont tranquillement saccager rues et vitrines chaque samedi au nom d’une idéologie utopiste.

Au Mouvement Démocrate, il y a longtemps que nous avons remis l’humain au cœur de nos préoccupations. Inlassablement, pacifiquement et sans jamais désespérer, nous avons remis l’ouvrage sur le métier en soutenant François Bayrou qui porte et incarne notre vision de la société.

Dans son allocution, le Président de la République Emmanuel Macron a replacé cette attention au cœur de notre action, de notre transformation.

Le temps révélera à chacun la valeur réunificatrice de cette Politique.