Journal de Marche N°72 – du 22 décembre 2018 au 3 janvier 2019

Journal de Marche N°72 – du 22 décembre 2018 au 3 janvier 2019

Les fêtes de Noël nous offrent la plus belle occasion de revenir aux sources, de se retrouver, d’échanger y compris même avec ceux que l’on a pas l’habitude d’écouter et d’entendre en d’autres occasions. Elles sont une période de paix. C’est certainement pour cela que l’on parle de «trêve». Elles sont synonymes de terroir, de tradition, de ressourcement. Elles nous rapprochent de la vérité. La vérité n’est pas toujours bonne à dire, pas toujours agréable à entendre. Mais elle est la conclusion sûre d’une réflexion dépourvue d’émotion et de parti-pris.

La vérité est qu’il y a trop de concitoyens qui n’arrivent pas à un point d’équilibre dans leurs vies alors que ceux qui ont pulvérisé les limites du nécessaire sont de plus en plus nombreux: sans culpabiliser les derniers, nous devons nous tourner vers les premiers en corrigeant les écarts, en leur donnant les outils, les opportunités et les perspectives pour trouver en eux-mêmes les ressources nécessaires pour y arriver.

La vérité est qu’une collectivité, locale ou nationale, ne peut être administrée comme une entreprise. Car dans ce monde-là, lorsqu’une personne ne s’adapte pas à son environnement, le marché du travail lui offre « en théorie» la possibilité de trouver sa place ailleurs. Dans une collectivité c’est comme dans une famille. Lorsque l’un des membres ne va pas, n’a pas d’autonomie parce qu’il la perdue à cause de la vieillesse ou de la maladie, passagère ou durable, ou qu’il ne l’a pas encore: le nouveau né, les autres, les valides, les autonomes, les prennent en charge. Voilà pourquoi les règles de l’entreprise muent par le profit peuvent s’appliquer à la collectivité mais avec modération.

La vérité est que ce que nous disons là ne s’applique pas seulement à nous même mais aussi partout dans le monde. À bien y regarder l’on voit bien que nous ne sommes pas les plus à plaindre. Mieux, la situation ailleurs mérite que nous sortions de nos inhibitions provoquées par un procès inachevé d’une époque coloniale dont nous n’avons pas tiré tous les enseignements. Alors que le monde a ce besoin de vérité, d’honnêteté, d’intégrité, de bonnes gouvernances nous avons peur d’exporter nos valeurs qui sont celles qui s’en rapprochent le plus.
La vérité est que ce que nous disons là ne vaut pas que pour les Hommes mais que nous devons prendre en compte le vivant dans son ensemble. L’humanisme doit englober la biodiversité. Cette nouvelle forme de pensée va nous ouvrir un champ très vaste d’horizons.

La vérité est que sur une planète finie à la démographie toujours croissante, le respect de règles communes, de vie, de comportement, de civilité, de respect et de protection, de soi, des autres, des semblables, de processus de décision…

La vérité est que la République cette forme d’Etat où les citoyens n’ont de soumission qu’à la loi et non à un prince ou à dieu ou son représentant est la moins pire de celles que nous connaissons et qui toutes ont été essayées depuis des millénaires.

La vérité est que la Démocratie, cette forme de sélection et de désignation de ceux qui vont actionner l’Etat républicain et ses lois auxquelles nous devons nous soumettre, est la moins pire.

La vérité est que ceux qui, internes à notre pays où à l’extérieur, s’attaquent à notre République, notre Démocratie, nos institutions, représentent une menace sérieuse à laquelle il nous appartient d’apporter une réponse adaptée, ferme et n’excluant aucune sanction qui ne rende définitivement illusoire cette idée de les renverser.

Cette vérité c’est en nous même que nous devons aller la chercher en abandonnant nos partis pris, nos revendications exagérées afin de se reprendre et de tendre vers l’irréprochable.

À bien y regarder, la vérité est une force.

Alors cessons de nous plaindre, de nous mentir, de nous voiler la face, de détourner notre regard, de reporter à plus tard tous ces changements inéluctables et faisons de cette quête notre objectif commun. Ensemble.