Journal de Marche N°106 – Du 5 au 11 octobre 2019

Journal de Marche N°106 – Du 5 au 11 octobre 2019

En route pour Londres afin de nous réunir tout le week-end avec mes collègues parlementaires délégués par les pays membres de l’OTAN où il sera question essentiellement d’un peuple valeureux au combat, solide coéquipier face aux terroristes islamistes de Daech et qui vit dans la confluence de trois pays: les kurdes.

Le sort de cet allié efficace qui a offert au monde le visage de «gueules d’anges» venues relever les hommes et se battre comme des lionnes afin de repousser des monstres venus s’emparer de leurs territoires au nom d’une religion qu’ils avaient détournée au nom d’un funeste projet politique.

Ce peuple, dont certains venus se réfugier il y a déjà bien longtemps chez nous. Car, ne l’oublions pas, les côtes varoises, un beau matin de février 2001, avaient vu s’échouer un cargo avec près d’un millier de kurdes à son bord, à cet endroit même où le Président de la République Emmanuel Macron est venu commémorer le Débarquement de Provence le 15 août. C’était le premier «boat people» à venir se poser directement sur nos côtes.

De ces réfugiés, une grosse poignée est restée dans notre région trouvant sa place au sein de notre population, trouvant des oreilles attentives à leur histoire, des consciences pour se tourner vers les causes de leur drame, des coeurs pour les accueillir.

Certains, comme le maire RN (Front National) de Fréjus ne voient en eux que des «clandés» comme en témoigne ce commentaire qu’il avait laissé sur les réseaux sociaux dont il est le grand animateur au sein de son parti. La vue d’une vidéo que j’avais postée aux côtés d’un des représentants de la communauté kurde de notre ville.

Mais ceux-là mêmes qui me reprochaient de défendre ceux qui se battent à nos côtés au Levant nous donnent depuis deux jours des leçons à leur égard. Rien d’étonnant. Imposteurs un jour imposteurs toujours. C’est assez habituel, les premiers à refuser sont les premiers à reprocher, à culpabiliser. Il serait pourtant étonnant que toute l’énergie qu’ils mettent au service d’une haine déversée en flots sur les réseaux sociaux se transforme en engagement volontaire pour aller se battre contre l’agresseur. Certes, il est plus confortable de brailler bien au chaud devant une chaîne d’information en continue où l’on peut conspuer selon qu’on aime ou pas ce qu’il s’y dit.

Cette crise des kurdes, cette guerre qui décime le peuple syrien, doivent aujourd’hui nous pousser à un examen approfondi de nos consciences.

Car, à l’heure du virage environnementaliste qui cherche utilement à éviter une fin à moyen ou long terme de l’humanité, il y a des crises dont l’effet à court terme, lui, est garanti.