Journal de Marche N°77 – du 2 au 8 février 2019

Publié par Philippe Michel-Kleisbauer le

Le succès évident du Grand Débat met en relief le travail que nous faisons depuis notre élection en juin 2017. Hier dans la ville de Saint Raphaël je participais à ma 30ème réunion publique depuis le début de mon mandat. À chaque fois la communion se fait avec l’auditoire toujours aussi intéressé et impliqué dans la vie démocratique de notre pays. Et c’est exactement ce qu’il ressort de ces débats auxquels participe le Président de la République Emmanuel Macron et que nous pouvons suivre en direct; il se noue au fil du temps que les uns et les autres ont de vraies choses à se dire. Ce mano a mano d’Emmanuel Macron ressemble il est vrai à la campagne présidentielle tant sur le fond que sur la forme.

C’est de cet échange qu’il avait lui même conduit sur la base d’un questionnaire préparatoire soigneusement prélevé auprès de 25.000 personnes par les marcheurs de la première heure, qu’est né le programme que nous appliquons fidèlement, scrupuleusement, depuis le premier jour.

Mais à l’écoute de tout ce que nos concitoyens font remonter directement au Président, il apparaît tout de même que nous avons écarté un peu trop vite une idée que nous avions clairement énoncée, à savoir la réforme territoriale avec l’alignement des élections locales.

Car l’une des révélations de ce Grand Débat, c’est que les Français veulent un État fort dans ses missions régaliennes (dans lesquelles le Président excelle), que le Parlement voit ses missions élargies notamment sur la question des nominations, à l’image de ce qui se passe aux États-Unis où chaque prétendant à des fonctions est passé au crible et au vote d’une commission parlementaire. Mais ils disent aussi clairement vouloir plus de proximité et de cohérence, pour ne pas parler de logique, dans l’application territoriale des politiques d’éducation, de formation, d’emploi et de mobilité, auxquelles on peut même ajouter de santé.

Aussi devons nous réfléchir de savoir si la question à l’issue de ce Grand Débat n’est pas de marquer une pause sur les réformes courantes et ne pas reprendre pendant au moins un an le chantier institutionnel, tant sur le nombre et la transparence, que sur une nouvelle répartition entre l’Etat concentré sur le régalien, les régions sur les politiques conjoncturelles et d’aménagement et, enfin, le Parlement sur sa mission de contrôle du gouvernement. Quitte à repousser d’un an les élections locales après avoir enfin réglé le problème de l’empilement des structures communales, intercommunales, départementales et régionales.

Peut être pourrions nous, par cette méthode, redonner toute sa place à une participation démocratique à la base, sans rien gâcher de la puissance retrouvée de la France sur la scène européenne et internationale?!

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